JOUNIAUX, Léo, Les 20 000 plus beaux prénoms du monde. Tout savoir sur leur histoire, Paris : Hachette, 2007.

GEOFFROY, Younous & Néfissa, Le Livre des prénoms arabes, Casablanca : Maison d’Ennour, 2002. 

TANET, Chantal & HORDÉ, Tristan, Dictionnaire des prénoms, Paris : Larousse, 2009.

BARBÉ, Jean-Maurice, Tous les prénoms français et régionaux, Paris : Éditions Jean-Paul Gisserot, 2008.

DIB, Fatiha, Les Prénoms arabes, Paris : L’Harmattan, 1995.

Statistique des prénoms sur l’état civil français

http://www.aufeminin.com/world/ /prenoms/prenomlist.asp

 

Prénoms de tous les pays, avec leur étymologie

http://www.behindthename.com/ (site en anglais)

http://www.lodace.net/prenom/prenom.htm (par ordre alphabétique) 

http://www.asiaflash.com/prenom/divers.shtml

http://www.20000-names.com/ (site en anglais)

 

Prénoms du calendrier romain avec leur étymologie

http://www.e-prenoms.com/indexredir.htm

http://nominis.cef.fr

 

Prénoms arabes maghrébins & berbères avec leur étymologie

http://www.yabiladi.com/prenoms    (site marocain)

http://users.antrasite.be/ppoisse/Documents/prenoms.htm   (site algérien)

 

Prénoms africains (Sénégal-Mali)

http://www.senegalaisement.com/senegal/noms_et_prenoms.html

Le prénom : catégorie sociale
Le site de Baptiste Coulmont
A découvrir en cliquant sur l'image...

Voir l'article de Wikipedia

sur la sociologie des prénoms

Baptiste Coulmont, Sociologie des prénoms

La Découverte, collection Repères

Présentation

Pour quelles raisons le prénom que l'on porte dit-il autant de choses sur nous-mêmes et sur les personnes qui nous l'ont donné ? Comment sont-ils choisis et utilisés ? Comment l'empire de la mode (c'est-à-dire des variations du goût socialement déterminé) a-t-il remplacé l'emprise de la parenté ? Pourquoi les Léa de maintenant seront-elles, demain, les Mauricette d'aujourd'hui ? En deux siècles, le prénom, outil étatique d'identification, est devenu support personnel d'identité : le prénom de l'état civil est de plus en plus perçu comme exprimant le moi profond. Et, en même temps, la ronde des prénoms obéit à la mode : certains prénoms sont propres à une époque ou à une classe sociale. Les sociologues s'en sont donc souvent servis : au niveau macrosocial pour étudier l'affaiblissement des identités religieuses, la dilution de caractéristiques liées à la migration ou certaines formes de ségrégation ; au niveau microsocial pour comprendre la répartition du pouvoir dans la famille ou le monde du travail à partir des usages quotidiens du prénom. 

La Bruyère, au XVIIe siècle, dans le chapitre « Les Grands » de ses Caractères, s’amuse à dénoncer l’esprit de distinction : « C’est déjà trop d’avoir avec le peuple une même religion et un même Dieu : quel moyen encore de s’appeler Pierre, Jean, Jacques, comme le marchand ou le laboureur ? […] Pour nous autres grands, ayons recours aux noms profanes ; faisons-nous baptiser sous ceux d’Annibal, de César et de Pompée : c’étaient de grands hommes. »

Baptiste Coulmont, Introduction, p. 3

Découvrez le livre de Baptiste Coulmont en cliquant sur l'image et lire quelques extraits ci-contre et ci-dessous.

Une démarche « durkheimienne » 

Prendre le prénom comme indicateur est typiquement « durkheimien » [Galland, 2004 ; Besnard, 1994 ; Gerhards, 2005, p. 7-13]. Est bien durkheimienne en effet l'idée qui consiste à trouver une variable intermédiaire qui puisse exprimer le mécanisme social étudié. Par exemple, Durkheim dans Le Suicide mesure indirectement la plus ou moins grande régulation ou intégration des groupes sociaux à partir de la structure de la famille ou de la religion. De même (mais sans recours aux statistiques), le droit sert au père fondateur de l'école sociologique française, dans De la division du travail social, à qualifier la « solidarité » qu'il cherche à étudier. Mais prendre le prénom comme indicateur est aussi durkheimien en un autre sens : si le choix d'un prénom pour son enfant apparaît à première vue comme un choix très personnel, les travaux sociologiques montrent que « ces choix n'ont rien de purement individuels, qu'agrégés par la statistique ils révèlent des régularités, et donc des représentations collectives produites par les actions et réactions entre les esprits individuels qui forment la société » [Galland, 2004, p. 130].

« Anthropologues, abandonnez l'étude du premier prénom aux sociologues, leur choix n'est géré que par la mode, le goût et les luttes de classes sociales. Étudiez plutôt les deuxièmes prénoms, qui conservent, dans les sociétés individualistes, certaines des logiques de la parenté. » Mais d'autres pratiques apparaissent à la lecture des entretiens. Le deuxième prénom se retrouve comme dépositaire de la « liste » dressée par les parents pour trouver un prénom. Ce deuxième prénom, c'est celui que les parents aimaient un peu moins, disent certains enquêtés. Ou alors ce prénom fut choisi par un frère ou une cousine : un aîné a choisi un prénom, mais, comme les cadeaux un peu honteux de fête des mères, il est un peu caché et n'est porté qu'à certaines occasions.

L'agrégation de tous les actes individuels de prénomination laisse percevoir des règles souples, des tendances, des « inclinations à » faire parenté.

Un exercice d'objectivation

À partir d'un exercice assez simple, il est possible de se rendre compte de la forme de sa propre famille, et du rôle que les prénoms jouent pour la mémoire.

Dresser l'arbre généalogique familial permet de se faire une idée de l'étendue de sa connaissance et, indirectement, de mettre en évidence le « cœur central » (inner core) de la parenté [Rossi, 1965].

Commencez simplement, en notant ce que vous savez (sexe, premier et deuxième prénoms) : il est fort probable que vous connaissiez plus le premier prénom que ces « prénoms invisibles » que sont les deuxièmes prénoms. Il se pourrait bien que les personnes dont vous connaissez le deuxième prénom fassent partie d'un « petit cercle » de familiers. Arrêtez quand vos connaissances sont épuisées.

Revenez sur le dessin quelque temps après, avec un stylo d'une autre couleur, en ajoutant ce qui vous est revenu en mémoire.

Vous vous rendrez compte, ainsi, de la clandestinité de l'existence des deuxièmes prénoms. Si l'on connaît assez bien les deuxième, troisième, voire quatrième prénoms de ses frères et sœurs, de ses parents, on connaît plus difficilement ceux de ses cousins ou de ses grands-parents. Les deuxièmes prénoms ne « structurent pas la parenté », mais ils peuvent servir d'indicateur d'un espace familial restreint, un peu plus large que la famille « nucléaire », beaucoup moins large que l'ensemble des personnes avec qui l'on entretient un lien de parenté.

Depuis une vingtaine d'années, historiens, économistes et sociologues ont commencé à étudier les choix onomastiques des immigrés et de leurs descendants. Nous disposons maintenant d'études mobilisant de grandes bases de données sur trois pays : États-Unis, France et, plus récemment, Allemagne. Ces études sont, en France, liées à des questions sociales : l'« intégration » dans les années 1990, la « discrimination » dans les années 2000. Il est ainsi possible de repérer deux grands types d'enquêtes : les premières portent sur le devenir des descendants de populations immigrées (en étudiant le rapprochement des stocks de prénoms) ; les secondes utilisent des prénoms pour repérer des populations. Certains articles étudient en quelque sorte la « disparition » d'un stock allogène, d'autres articles étudient les réactions des individus à certains prénoms.

Les prénoms des enfants des immigrés 

L'immigration est un processus historique : les conditions sociales de la migration au XIXe siècle ne sont pas celles de la fin du XXe siècle.

Watkins et London [1994] comparent les prénoms des immigrés européens (Italiens et Juifs d'Europe de l'Est) aux prénoms qu'ils donnent à leurs enfants, à partir des données du recensement américain de 1910. « Nos résultats ne décrivent pas une transformation générale et abrupte de l'identité sociale des Italiens et des Juifs vers une identité "anglo" » [1994, p. 197]. Certains prénoms ethniques ne sont pas donnés à la génération née sur le territoire américain, mais les enfants des immigrés italiens et juifs « ont plus de probabilité de partager leurs prénoms avec la génération des immigrés qu'avec leurs voisins natifs » [1994, p. 185]. Comme le fait remarquer Lieberson [2000, p. 284-286], ce qui est étudié ici, ce sont les goûts onomastiques des immigrés eux-mêmes, pas de leurs descendants : ces goûts sont proches de ceux de leurs parents.

L'assimilation onomastique est-elle plus rapide aujourd'hui ? Quels prénoms les immigrés (et leurs descendants) donnent-ils à leurs enfants ? Plusieurs articles ont paru récemment sur le sujet [Arai et al., 2009 ; Becker, 2009 ; Gerhards et Hans, 2009 ; Valetas et Bringé, 2009 ; Sue et Telles, 2007]. Ils portent sur la France, l'Allemagne et les États-Unis.

Les auteurs font le pari que les prénoms peuvent servir d'indicateur de l'acculturation, de l'assimilation ou de l'intégration. La chose semble assez logique : les prénoms des Marocains au Maroc et des Français en France diffèrent assez fortement ; il est possible que ceux que les immigrés marocains en France donnent à leurs enfants soient intermédiaires, et ceux que les enfants d'immigrés donnent à leurs enfants ressemblent peut-être encore plus au stock général. Les méthodes suivies par ces articles diffèrent légèrement. En effet, travailler sur les prénoms pose des problèmes spécifiques. Les prénoms sont très nombreux et doivent être transformés en données utilisables.

Arai et al. [2009] construisent un « indice de francité » qui varie entre  0 et  1. L'indice reçoit 0 quand le prénom n'est donné que par des immigrants à leurs enfants, et 1 quand le prénom n'est donné que par des native French. Il peut prendre toutes les valeurs intermédiaires. Les autres articles construisent des « familles de prénoms » : Gerhards et Hans classent chaque prénom en fonction de sa présence dans le pays d'origine et dans le pays d'accueil : ils réalisent donc un travail de codage manuel, en s'assurant de la présence d'au moins un immigré de chacun des groupes parmi les codeurs [Gerhards et Hans, 2009 ; Becker, 2009]. Sue et Telles construisent aussi un indice variant de  1 (« prénom English non traduisible en espagnol ») à 5 (« prénom Spanish non traduisible en anglais »). Enfin, Valetas et Bringé construisent quatre catégories : pour les enfants des Algériens, « prénoms traditionnels » et « prénoms modernes » font référence aux prénoms en cours en Algérie, les prénoms français et les prénoms internationaux étant les deux dernières catégories.

La méthode utilisée par Arai et al. semble la plus satisfaisante (mais interdit probablement certains traitements) : le traitement est grandement automatisé. Elle ne fait pas intervenir le goût de codeurs. Prenons comme exemple Sabrina : ce prénom apparaîtra à certains comme un prénom classique, un peu comme Nicolas ; à d'autres comme une abomination, comme un prénom étranger, comme un prénom maghrébin, comme un prénom portugais, etc. Ce que l'on ressent face à un prénom dépend de sa position sociale.

Malgré la différence des méthodes, les articles ont des conclusions concordantes.

Immigrer à un jeune âge, avoir immigré depuis longtemps, conduit à donner à ses enfants des prénoms plus proches des prénoms du pays d'accueil. Il en va de même avec le nombre d'années d'études et l'insertion sur le marché du travail : quand ces dernières augmentent, les prénoms se rapprochent. Le mariage avec un(e) native (mariage mixte) conduit aussi à des prénoms éloignés de ceux du pays d'origine.

La similarité la plus remarquable de ces résultats concerne les filles. Les prénoms donnés aux filles n'ont pas tout à fait les mêmes caractéristiques que les prénoms donnés aux garçons. Les bébés filles reçoivent, dans les trois pays ici étudiés, des prénoms plus proches des prénoms déjà en usage dans la population de référence (non immigrée), alors que les prénoms donnés aux garçons diffèrent de ce stock. Les filles des immigrés (qu'ils soient du Mexique, de Turquie, du Maghreb ou de Yougoslavie) ont plus de probabilité d'avoir un prénom local (allemand, états-unien, français) que les garçons des immigrés.

Dans l'article de Becker, qui porte sur six cents familles d'origine turque, les filles reçoivent des prénoms « communs aux deux pays » trois fois plus fréquemment que les garçons. Selon Valetas et Bringé, « chez les immigrés algériens, les garçons reçoivent un prénom traditionnel à plus de 80 %. Ce n'est le cas que pour deux filles sur trois ».

Les auteurs interprètent ces résultats de plusieurs manières, parfois en rattachant cette différence à la différence de genre. Les garçons seraient détenteurs de la continuité familiale, ethnique ou identitaire et recevraient donc des prénoms « marqués ». Ce ne serait pas le cas des filles. Cette interprétation, qui est en grande partie celle de Sue et Telles, est peut-être trop générale : dans le cas contraire, l'on interpréterait tout aussi bien des pratiques « féminines » comme liées au fait que ce sont les femmes qui transmettent ou sont chargées de la continuité culturelle.

Mais il est possible que ces différences entre prénoms donnés aux garçons et prénoms donnés aux filles soient liées à une différence de structure dans le stock des prénoms du « pays d'accueil ». Les prénoms féminins sont depuis longtemps plus variés que les prénoms masculins : en France, depuis la fin du XVIIIe siècle, les parents sont plus innovateurs en ce qui concerne les prénoms des filles.

Gerhards et Hans repèrent une autre raison : le prénom des immigrantes (nées en Turquie par exemple) est – plus fréquemment que celui des immigrants – un prénom qui a aussi cours dans le pays d'accueil. Tout simplement, il y a plus de prénoms féminins communs aux deux pays que de prénoms masculins : les couples turcs de Turquie ont déjà pris l'habitude de donner à leurs filles des prénoms « innovants », échappant en partie au stock traditionnel. Les prénoms du pays d'origine ne sont pas que des prénoms « traditionnels ». Il existe, au Maghreb, en Turquie ou au Mexique comme en Europe ou aux États-Unis, des mouvements de mode... mais peu de travaux pour les objectiver [Bulliet, 1978 ; Borrmans, 1968]. Les prénoms turcs ont ainsi été modifiés par le nationalisme kémaliste, mais aussi par des mouvements politiques islamistes. Des mouvements de mode sont aussi visibles au Maghreb dès les années  1960.

En choisissant des prénoms innovateurs pour les filles et des prénoms « classiques » pour les garçons, les immigrés reproduisent des pratiques structurellement en phase avec celles du pays d'accueil (même si le stock dans lequel ces couples puisent est différent).

En France, la succession des générations mène à la dilution de l'aspect ethnique [Valetas et Bringé, 2009]. Si les parents immigrés algériens choisissent un prénom « traditionnel » trois fois sur quatre, les descendants d'immigrés algériens, nés en France, choisissent de préférence des prénoms « internationaux » ou « français » pour leurs enfants. Patrick Simon écrit que ces descendants d'immigrés ont commencé à « brouiller le signal délivré par un prénom "typique" » [Simon, 2008, p. 161].

Un « grand classique » bien singulier 

Depuis 1986, presque chaque année, un ouvrage intitulé La Cote des prénoms est publié. Il le fut d'abord sous la signature de Philippe Besnard et Guy Desplanques, puis sous celle de Guy Desplanques et Joséphine Besnard (la fille), puis sous la signature seule de Joséphine Besnard. Cet ouvrage est, selon Héran [2004, p. 160], la « statistique sociale au service de tous ». L'ouvrage se présente en effet à la fois comme une analyse scientifique vulgarisée et comme un guide au choix du prénom, réactualisé chaque année. Signe, peut-être, du caractère spécial du prénom pour la sociologie, cet ouvrage, à la fois sociologique et de conseil, a une place à part : c'est peut-être l'un des plus grands succès de librairie pour un ouvrage sociologique, c'est en tout cas le seul à être republié avec de nouvelles données chaque année.

Kévin, Charlotte, Mohamed… les prénoms scellent-ils notre destin ?

Cliquez sur l'image et écoutez l'émission de France Inter, avec Baptiste Coulmon.

Une autre émission, à écouter ICI.

Yves Jamait, Les Prénoms

Serge Reggiani, La Dame de Bordeaux

Paul McCartney, Michelle

Georges Brassens, Ballade des dames du temps jadis

Une langue qui meurt, c’est une part du patrimoine de l’humanité qui disparaît : au nom de cette évidence, on s’emploie à sauver le breton, qui n’est plus parlé que par moins de 1 % des jeunes en Bretagne. Juste cause, mobilisant des militants dévoués ? Oui, jusqu’au moment où l’on prend conscience des enjeux réels du combat régionaliste.
Françoise Morvan, originaire du centre de la Bretagne, raconte ici l’étrange périple qui l’a conduite à une réflexion sur l’instrumentalisation de la langue et de la culture bretonnes à des fins politiques et commerciales.
Menée avec humour, cette enquête à la fois historique et sociologique ne concerne pas seulement la Bretagne mais cette Europe des ethnies qui trouve à présent l’appui des tenants de l’ultralibéralisme.

En cliquant sur l'image, voir deux extraits de cet ouvrage, où Françoise Morvan interroge le lien entre choix du prénom et revendication identitaire.

Voir aussi le blog de l'auteur en cliquant ICI.

Introduction à la langue chinoise par les humoristes du Rire jaune.

A lire, en cliquant sur l'image, le très intéressant chapitre "Nation et prénom", dans Changer de prénom, de Baptiste Coulmont.

Texte extrait du roman Divorce à la musulmane à viale Marconi - d'Amara Lakhous. Vidéo réalisée avec quelques étudiants et personnels de l'ENSAPC. Vidéo réalisée par Nadir Haddadou et Bocar Niang dans le cadre du workshop YouTube/écriture à l'ENSAPC, animé par François Bon.

Clip dédicacé à tous les vieux immigrés qui sont restés parmi nous, de toutes origines.... "Des Astres" album Le Chant des Possibles sur Deezer/Spotify/ITunes Blog : https://asilepoetique.blogspot.fr/

Compte rendu de l'atelier d'écriture au lycée Fernand & Nadia Léger d'Argenteuil, avec François Bon.