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21 septembre : premier brain-storming

Les réseaux sociaux, facteurs de tolérance (rencontres, découverte des autres, de leurs expériences existentielles, etc.) ?

Rapport entre amitié virtuelle et amitié réelle : quid de la nature des liens créés sur les réseaux ?

Les jeunes lisent moins à cause des réseaux ? Vrai ou faux ? N'apprend-on que dans les livres ? Savoirs électroniques : gratuits, plus accessibles, etc.

Les réseaux provoquent-ils le ressentiment ou aiguisent-ils l'ambition par les effets de comparaison qu'ils induisent (j'envie l'autre ou sa situation me motive ?)

Les réseaux ? Outil de travail ou de divertissement ?

Pronote ? trop stressant, peu ergonomique...

Quel usage fait-on des émoticônes et des emojis ?

Médias classiques ou réseaux sociaux ? Qui informe le mieux ?

Les réseaux renforcent-ils l'esprit critique ou la crédulité ?

Proposition de définition : un réseau social est un endroit sur Internet où l'on échange librement.

Pour la prochaine séance (5 octobre) : faire le journal d'une semaine de vos usages des réseaux (temps passé chaque jour ; qu'y faites-vous ; quel contenu à vos échanges, etc.)

5 octobre : premiers témoignages

Andilath

 

Téléphone déverrouillé 34 fois par jour.

 

Applications principales :

 

WhatsApp et Messenger : pour discuter avec la famille (père, mère, frères et sœurs et particulièrement ses membres qui vivent au loin) ou les amis, travailler avec les groupes de travail scolaire. Moins d’une heure par jour mais supports d’écriture les plus importants.

Youtube : 2 heures par jour pour écouter de la musique.

Tik Tok : 2 heures par jour en moyenne (de 20 min à 2h), lors des heures de permanence au lycée ou lors des moments de relâche à la maison.

Pronote : une heure par jour.

 

Applications secondaires : 

 

Duolingo

Gallery

Snapchat

 

Daphca

 

Téléphone déverrouillé 640 fois par semaine (53 fois par jour).

 

Snapchat : 4 heures par semaine (pour parler avec des amis ou échanger des infos sur le groupe de travail de la classe).

Instagram : 5 heures par semaine (pour suivre les influenceurs, les vulgarisateurs).

WhatsApp : 1 heure par semaine.

Youtube : 8 heures par semaine.

Google : 5 heures par semaine.

 

Houcine

 

Youtube : 3 heures par jour (40 % du temps). Pour regarder des vidéos de vulgarisation scientifique et de divertissement ; commente peu mais regarde l’avis des internautes.

Discord : 3 heures par jour (40 % du temps). Réseau social le plus utilisé pour communiquer avec les amis et établir des contacts virtuels avec ceux qu’on ne connaît pas dans la vraie vie mais avec lesquels ont établit des liens autour de centres d’intérêt communs.

Twitter : 30 minutes par jour (10 % du temps).

Snapchat : 10 minutes par jour (5 % du temps). Différent de Discord, utilisé avec les très proches et les intimes.

Instagram: 5 minutes par jour (5 % du temps). « Je n’aime pas Instagram mais je l’utilise avec ceux qui n’utilise que ça. »

 

Remarque : Messenger a permis de remplacer le téléphone fixe, et permet notamment d’appeler gratuitement à l’étranger.

 

N’gouma

 

Instagram : pour l’échange de vidéos et de photos. Essaie de se limiter : 1 heure par jour maximum, « souvent inutile ; je m’autorégule ; décision prise pendant le confinement ».

Snapchat : plutôt pour discuter avec les amis et la famille.

Twitter : suivi pour vérifier les tendances mais utilisé occasionnellement.

Youtube : pour TV5 Monde et la BBC.

 

Medhi

 

Snapchat : 2 heures par jour, pour parler avec les amis, regarder des stories de gens qu’on ne connaît pas,  faire des rencontres amoureuses.

Twitch : regarder des diffusions en direct et lire les réactions des streamers - individus ayant pour habitude de regarder des films en diffusion en continu, sur internet. Participation à des chats (jeux de rôles, émissions politiques).

Twitter : 3 heures par jour et interventions (« réponses, rigolade, insultes »).

Discord : 30 minutes par jour, notamment pour les devoirs scolaires.

Plato : application pour jeux de société et renvoie vers Instagram pour les discussions, via la Playstation.

 

Quelques pistes d’analyse et questions :

 

Trouver des critères de distinction : le genre, l’âge, le fait d’être timide ou à l’aise.

Qui publie / qui lit / qui répond ?

Seul ou en groupe ?

A quel âge a-t-on eu un ordinateur ou un Smartphone ?

 

Quels sont les usages des réseaux ?

Culturel

Récréatif

Informatif

Relationnel

 

Les parents ne surveillent pas parce qu’ils ne comprennent pas.

 

Quid des mises en garde institutionnelles ?

 2 novembre, 17h, première séance de Thélème sur Discord

 

A propos des fake news (et notamment celle, récente, accusant Charlie Hebdo de racisme à cause de l’utilisation du mot « nègre » dans une caricature présentée comme récente alors qu’elle datait de 1977). Houcine a noté que les réseaux sociaux, notamment Twitter, « attisaient la haine et faisaient monter la pression pour que certains passent à l’acte ». Mais dans le même temps, un camarade a posté sur Snapchat l’explication de cette fausse rumeur. Les réseaux sont donc à la fois lieu d’information et de désinformation. Si Andilath reproche à Twitter sa volonté systématique de « clasher », ce qui fait qu’elle ne l’utilise pas, Cerrine et Houssine sont plus mesurés : « il y a du bon et du mauvais, mais on ne retient que le mal ». Toujours est-il que certains Thélémites se sont déconnectés après l’assassinat de Samuel Paty : « mon cerveau n’arrivait plus à supporter le mal » dit Andilath, « je sature de tous ces drames insupportables » dit Medhi.

 

Plusieurs Thélémites attestent de la violence subie par certains de leurs camarades, notamment autour des questions liées à la séduction (images volées, moqueries ou chantages).

 

Christian pose la question de la nature des liens qui se tissent sur ces réseaux. Sont-ils de même nature que ceux qu’on tisse dans la vraie vie ? Les adolescents semblent très seuls sur ces réseaux. Y a-t-il des personnes (copains, copines) avec lesquels on les utilise ensemble ? Des relations fortes naissent-elles de ces liens ou pas ? Autres remarques : quand on poste quelque chose, cela devient un spectacle (à creuser) et les réseaux semblent constituer une totalité englobante grâce à laquelle on fait tout. Reste à préciser quoi exactement !

 

Prochaines séances sur Discord : jeudi 5 et lundi 9 à 17h.

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COMPLEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

L'amitié dans la littérature.

Lignier et Pagis, Les Inimitiés enfantines.

Olivier Godechot, Les Déterminants sociaux de l'amitié.

Plusieurs articles sur l'amitié féminine.

Le «nombre de Dunbar» et les amitiés virtuelles.

Un ami électronique est-il un véritable ami ? Début janvier 2017, la Cour de cassation a donné  une réponse juridique à cette question, évoquant dans un arrêt que « le terme d' « ami » employé pour désigner les personnes qui acceptent d’entrer en contact par les réseaux sociaux ne renvoie pas à des relations d’amitié au sens traditionnel du terme ».

Amour, amitié, associations, fréquentation des commerçants et des relations quotidiennes : les occasion de contact avec autrui sont nombreuses.

Le sociologue François Héran a publié des analyses à ce propos. On peut les lire ICI.

 

Il existe un article déjà ancien (Carole-Anne Rivière, 2001) sur le téléphone comme outil d’intégration sociale : à lire ICI.

La question se pose de l’homophilie sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux sont-ils un outil démocratique qui permettent une rencontre égalitaire avec autrui, fondée seulement sur un intérêt commun, ou reproduisent-ils des attachements de classes et de groupes socialement constitués dans la vraie vie ?

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5 novembre, 17h, deuxième séance de Thélème sur Discord

 

Liens forts / liens faibles :

 

Avant l’invention et l’usage répandu du téléphone fixe, les relations se faisaient de visu. Mais l’arrivée du téléphone n’a changé ni les relations entre les gens, ni la nature des relations sociales. Internet, en revanche, a élargi la nature des relations, augmenté le nombre d’interlocuteurs. Cf. les analyses de Mark Granovetter sur la différence entre liens forts et liens faibles. Internet multiplie les liens faibles : quelle influence a-t-il sur les liens forts ?

 

Différences selon le genre : 

 

L’usage des réseaux diffère-t-il selon qu’on est un homme ou une femme ? Quid de l’usage du masque social sur les réseaux (être un homme et avoir un alias féminin, etc.) ? 

 

Le web est un théâtre :

 

On peut se créer une identité fictive ; on peu cacher certains aspects de sa personnalité. Quid de la sincérité sur les réseaux ? L’image que l’on se donne sur les réseaux (IG : in game / dans le lexique des gamers) est-elle la même que celle que l’on a dans la vie (IRL : in real life) ?

 

La recherche du prestige :

 

Tu es qui tu aimes / Tu es qui t’aime.

 

Cf. le besoin de « bolotomie » (Moustapha), soit la quête du prestige, importante à l’adolescence, chez des individus en construction identitaire.