LE BONHEUR EST-IL UNE ILLUSION ?

Счастье (Александр Медведкин, 1934)

Dans Le Bonheur, Alexandre Medvedkine a su mêler pamphlet et comédie, discours politique et farce, détails quotidiens très concrets et une certaine imagerie d’Epinal russe qui puise dans la tradition des arts populaires. La force des images, l’art du plan, le sens du rythme et des situations de Medvedkine achèvent de faire dde ce film l'un des plus singuliers de l’histoire du cinéma. 

Il se présente comme un conte populaire où Khmyr cherche son bonheur là où il ne peut se trouver, cela dans le cadre d’événements souvent fantastiques, mais dont le caractère insolite est justifié par des associations d’idées historiques ou psychologiques de la plus grande précision. Une quête de la vitalité et de la liberté où le bonheur de l’individu s’oppose à celui de la collectivité. Khmyr dérange parce qu’il est incapable de suivre la « triste humanité ». La dernière image du film de Medvedkine est un plan serré sur ce paysan et sa femme qui rient de ce qu’il leur arrive. Ils rient, et nous donnent ainsi l’image d’un bonheur possible.

Malgré les personnages stylisés il y a dans le caractère de chacun d’entre eux quelque chose de très authentique, puisé à la réalité quotidienne. L’une des plus belles découvertes de Medvedkine dans ce film, ce sont les masques des soldats tsaristes où est figée une expression de vénération, la bouche ouverte comme pour crier ce « hourra ». Lorsqu’ils marchent au pas, il n’y a là rien d’extraordinaire. Mais lorsqu’ils gardent cette expression figée en saisissant à bras le corps un Khmyr bien décidé à mourir, pour le mener au cachot, on voit apparaître une situation sinistre à travers la loufoquerie.

Alain et le bonheur, par André Maurois (1954)

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